
Selon un article du Monde, le conflit larvé à propos du Sahara Marocain entre l’Algérie et le Maroc coûterait aux alentours de 2 points de croissance par an.
“Non seulement, le conflit qui oppose depuis des années les deux pays sur le Sahara occidental prive le Maroc d’un grand marché, mais il nourrit aussi une compétition acharnée“, écrit le journal. Et pour cause, observe M. Salaheddine Mezouar, ministre de l’économie, cité par le quotidien, “l’Algérie a besoin d’un ennemi (…) et plus le temps avance, plus elle se rétracte sur elle-même”.
Le journal cite l’exemple d’une entreprise marocaine qui attend, depuis plus de 3 ans, une autorisation pour ouvrir une branche en Algérie. “Nous faisons la demande tous les ans, mais on ne nous dit toujours ni oui ni non”, déclare au quotidien Mohamed El Kettani, PDG du groupe bancaire marocain, qui dispose déjà d’une 10aine de succursales en Afrique subsaharienne.
En plus de cette entreprise d’autres banques marocaines multiplient les implantations dans le continent et nombre d’entreprises marocaines s’y développent. C’est le cas de Royal Air Maroc qui a ouvert de nouvelles lignes en Afrique, une partie du monde qui représente désormais 41% de son trafic, ou des entreprises de BTP qui se sont installées au Sénégal, en Mauritanie et en Guinée, indique le journal.
“Le continent africain ne représente que 1,7 % des échanges du Maroc, mais le pays s’est fixé pour objectif de doubler ce chiffre à moyen terme”, note-il, soulignant que “face à une Europe en crise, le Maroc, qui a toujours privilégié sa relation avec le nord, lorgne de plus en plus vers le sud et ses promesses de croissance”.
“L’Europe est notre partenaire stratégique et le restera, mais nous voulons être des acteurs actifs face à une mutation qui est en train de se faire”, a ajouté M. Mezouar, cité par le quotidien, évoquant la concurrence chinoise dans le continent. “La France doit changer son approche (…) L’Afrique est de plus en plus convoitée, les enjeux sont sérieux, il faut se battre”, a dit dernièrement M. Mezouar devant des journalistes européens.

